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Faire le tour du monde… Pour quoi ?
Voir, et surtout, ressentir notre monde. Le vivre assez intensément pour tenter humblement de mieux le comprendre, et d’en apprécier ainsi son inestimable valeur. Évident… Sans l’être vraiment.
Et au-delà du rêve de gosse devenu réalité ? La psychothérapie par le mouvement perpétuel, l’introspection par la rencontre ? Absolument.
D’autres raisons aussi, devenues claires à posteriori. Comme celle de vivre un instant qui se suffit à lui-même, hors du temps, avant l’étape suivante… Celle dont on ignorait jusqu’à l’existence avant de partir, mais qui se dessinera peu à peu au fil du voyage. Ne pas subir son destin, choisir son lendemain, c’est aussi se donner inconsciemment des moments propices au choix. Comprenne qui voudra…

Qu’apprend-t-on du voyage au long cours ?
Qu’un avis de voyageur est une chose bien trop subjective et personnelle pour que l’on puisse s’y fier.
Que l’on peut être émerveillé du quotidien, et déçu de l’exceptionnel. Que l’émerveillement n’est pas dans le lieu. L’émerveillement est dans nos yeux.
Que voyager s’apprend. Et que de cette maturité découle une éternelle addiction… Au voyage. Ou comment ne jamais boucler la boucle.

Faire le tour du monde, pour le pire…
Pollution stratosphérique, capitalisme sans foi ni toi, indifférence aux autres sont des composantes omniprésentes de notre monde actuel. Point de fatalisme, mais un constat objectif qui n’accuse ni n’excuse personne. Un remède miracle ? Autant rêver… Et se rappeler que seules l’Éducation et la somme de nos modestes individualités nous conduiront, jour après jour, à éviter l’inéluctable et refuser l’intolérable.

Et pour le meilleur…
La nature nous apparaît si majestueuse qu’elle en parait parfois irréelle, et qu’on la soupçonne capable, envers et avec nous tous, de renverser l’incommensurable mal que nous lui avons fait.
Nous, peuples de la terre, formons cette indéfinissable communauté qu’on appelle très justement Humanité. En son sein, le sourire, le rire et la complicité d’un regard demeurent universels. La misère, notre misère donc, n’est pas invincible. Il faut simplement oser s’y confronter un peu pour s’en rendre compte. Dès lors on comprend que la joie et la force de vivre de tous ceux qui la subissent lui est indéfiniment supérieure. Et que c’est bien là que se trouve la base de l’antidote.

Faire le tour du monde… Et en retenir quoi ?
La charge visuelle et émotionnelle est si conséquente qu’il est difficile de deviner ce qui subsistera. Sans doute un subtil mélange de très grands moments et de tous petits détails, que notre mémoire fera resurgir comme elle le fait si bien, au fil du temps, de manière séquentielle et totalement imprévisible. Une liqueur de bonheur distillée à petites gouttes, ultime récompense s’il en fallait des privilégiés qui ont pu, et su franchir le pas…

Faire le tour du monde… À deux ?
Infatigable compagnon de voyage, elle est l’empreinte écrite et visuelle de notre contour du monde. Et bien plus encore. Et bien trop pour en dire plus.
Vous pensiez mieux connaitre l’autre après une année entière vécue ensemble ? Vous vous trompiez. Vous le saviez déjà. Il fallait simplement qu’une confrontation inhabituellement forte et longue avec le monde vous le confirme. C’est chose faite.  Je t’aime, petit Cha. Encore plus qu’hier, mais jamais autant que demain ! Tu es ma planète… Car on est de là où l’on se sent le mieux.

Si notre vie d’après sera différente ?
Humilité, tolérance, humanisme, les leçons de vie d’une telle expérience sont innombrables. Elles formeront un tout secrètement enfoui au fond de nous, une sorte de valeur ajoutée au vrai sens du terme, invisible, et pourtant présente à chaque regard, chaque perception… Chaque instant, finalement. Cette valeur est un cadeau du monde, et si elle ne nous appartient pas, elle fait désormais de nous ce que nous serons à l’avenir.

Et si c’était à refaire ?
Nous le referons. À l’impératif futur.

… Et maintenant ?
Au moment d’écrire ces quelques lignes, l’émotion est palpable, manifestation évidente d’un instant aussi personnel qu’important. Il semble que le moment de l’après soit venu. S’il contient un peu de renonciation et beaucoup d’appréhension, il est aussi empreint d’excitation… Si ce voyage se termine, un autre commence ! Reste à en dessiner les contours…

Une dernière question peut-être… Ce qu’on a préféré, aimé par-dessus tout ?
… Vivre !a

aaff

À  ma chère et tendre Gaby