Nouveau continent, nouvelles têtes, nouvelle couleur.
Le gabarit a quelque peu changé entre le thaïlandais et l’africain, y’en a un qu’on ira pas chercher. Avec les laotiens on faisait les malins, avec l’africain on s’abstient. On se sent encore plus étranger qu’ailleurs, d’autant plus qu’au centre de Johannesburg nous sommes les seuls blancs et les regards fusillent. Les immeubles sont un New York abandonné aux 70′s.

Les blancs sont en haut, ils font des gâteaux, les noirs sont en bas, trainant ici là… Plus qu’ailleurs les différences se font sentir dans un pays où les disparités sont aussi extrêmes qu’au Brésil. Nous irons d’ailleurs prochainement à la rencontre des habitants des townships de Soweto… Le pompiste est noir, la caissière est noire, le gardien est noir, le flic est noir, le serveur est noir, la femme de ménage est noire, les carwatchers sont noirs, le reste est blanc dans un 4×4 lyophilisé noir. La fin de l’apartheid n’a que 20 ans, et d’un point de vue extérieur, la distribution des rôles semble avoir peu changé.

Plus au sud la nature reprend vite le dessus. En traversant le Drakensberg, les terres s’étendent à des kilomètres, avec des collines aussi vertes et un ciel aussi bleu que l’univers de Tom Sawyer. Cela nous rappelle les steppes Mongoles, c’était en 82. Les gens marchent, des heures, le long de routes désertes ou sur les autotroutes, mais ça ne va pas plus vite ! Nous acceptons de prendre les femmes et les enfants.
En afrique nous avons l’heure, ils ont le temps…

Nous descendons à Durban pour un match de rugby (club sud Africain contre Australien), l’ambiance est familliale, un peu à l’américaine. Hot dogs, litrons de bière et tatouages sont de rigueur pour être des leurs. De près, les shorts dessinent très bien les fesses des belles bêtes que sont ces 100 kilos de rugbyman. En mêlée ça fait quand même 1 tonne 6 de carpaccio…

Au détour du marché, nous nous attardons au gré des petits chanteurs faisant des pieds et des mains un rythme de gospel. Une vibration qui retentit également dans les églises sud africaines, dont la célébration se termine par de longues files d’attente où les fidèles, une centaine, se confessent un par un.

Nous sommes déjà convertis.


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