Ça y est c’est la rentrée, c’est un moment important. Faire son sac, bien se coiffer, enfiler son plus beau maillot. J’ai fait connaissance avec mes nouveaux camarades, Lola la raie manta et Roger le tarsier. Quant à mes nouvelles matières : 10h nager, 12h pause déj crustacés et Ricard bien glacé, 14h se faire masser, 15h siester, 17h apéro, déjà, que le temps passe vite.

Comme les Balinais aiment bien tout nettoyer, le massage commence par le passage d’un gant de toilette chaud, un avant goût de mes vieux jours… Ensuite c’est mi-malaxage mi-pression, 7/10 sur l’échelle du supportable, tissu adipeux s’abstenir ! Il vous en coûtera 5 € l’heure.

Chaque matin les habitants balaient leur pas de porte pour faire place a leur offrande quotidienne, un segehan, un petit pliage de bambou recueillant un biscuit, quelques grains de riz cuit, des fleurs et un bâton d’encens dont la fumée transporte le présent à son destinataire céleste.

Au marché, des tissus traditionnels aux motifs fractales côtoient des faux de marques françaises. J’ai acheté une Rolex et j’ai pas 50 ans, alors
avec 100 000 roupies, j’ai réussi ma vie.

Au palais d’Ubud, nous avons été envoûtés par une musique lancinante au rythme des danseuses de Legong vêtues de sarongs cousus de fil d’or, glissant leurs yeux de gauche à droite comme un rituel hypnotique. 

Erreur de manipulation ou matériel défectueux, les images de la Monkey Forest d’Ubud sont perdues à jamais. Je m’en mords les phalanges.
C’était le jour des célébrations, une sorte de Toussaint balinaise. Les offrandes étaient encore plus majestueuses que jamais et les singes le savaient bien. Une armada bien organisée a débarqué de toutes parts pour dépouiller les pommes, biscuits et autres briquettes de jus de fruits que les villageois déposaient sur les tombes. Les briquettes étaient éventrées d’un coup de croc et bues d’un trait. Il faut se tenir sur ses gardes, les malins sont chipeurs, embobineurs et menteurs. Quand un singe te regarde dans les yeux c’est pour mieux laisser son camarade t’attaquer par derrière. Et avec insolence, certains d’entre eux s’épouillaient les bijoux de famille, et ils faisaient partie d’une grande famille … 

Au temple de Besakih j’ai été poursuivie par un faux agent d’un faux office du tourisme pour me vendre un faux ticket. Ce dernier en appelle alors aux forces de l’ordre. Ladite force de l’ordre vêtue de tongs non réglementaires n’a pas donné suite aux poursuites judiciaires. En effet malgré les intimidations, nous ne sommes pas obligés de payer ou de prendre un guide pour pénétrer dans les temples sacrés de Bali. En revanche tout le monde se vêt d’un sarong et se couvre les épaules.

A Lovina nous partons à la cueillette de coraux séchés échoués. Nous avons cédé à la rencontre des dauphins qui fait vivre les pêcheurs mais pas les dauphins. Cela dit c’était un grand moment et ça m’donne envie d’aller m’acheter un poster de dauphin chez Carrefour et de l’coller dans ma chambre.

Nous avons loué une voiture pour faire le tour de l’île, chaque centre d’intérêt se relie de 30 minutes à une heure (Mas, Sidemen, Amed, Munduk, Jatiluwih…). Les routes offrent de belles vues sur les rizières, les petits villages, la jungle ou encore les volcans dont les coulées de lave séchée nettoient le relief de toute incursion urbaine. De ce fait Bali est une île de sable noir voire de galets, il nous faudra attendre de rejoindre Gili Meno pour trouver les plages de sable blanc et l’eau turquoise des cartes postales. S’en suivra un vol vers Sulawesi à la rencontre des habitants du pays Toraja et des plongées fantastiques aux îles Togian …

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