Un mois en Chine, c’est un samedi après-midi au supermarché. Du bruit, des gens qui font la queue, et tout qui s’achète, un criquet dans une mini cage de bambou, une tortue vivante à poser sur un buffet, le petit livre rouge du parfait communiste, une brochette de toffu et une robe à 3 euros. Une prise de tête et un Doliprane en sortie de course, voici notre parcours :

Nous traversons le pays du nord au sud. Beijing d’abord, avec son lot de touristes chinois, prêts à jouer des coudes pour être les premiers. Dès que l’on s’écarte un peu des boulevards, on est seuls.Partout se jouent des parties de cartes, de mah-jong (rami/poker) et de Xiang Qi (échecs chinois). Les ruelles étroites formant de petits labyrinthes (les hutongs) sont les cachettes du bazar authentique juxtaposées à l’imposante architecture soviétique (place Tian’anmen) qui plombe comme une affiche sur la grandeur impériale.

Pour quitter la grisaille de la brique, le palais d’été est un bon moyen de retrouver temples, lac et nénuphars. Enfin en minivan jusqu’à Jinshanling on peut apprécier, presque seul, la grandeur de la muraille qui serpente des deux bouts la crête montagneuse à perte de vue. La première pierre fût posée par la dynastie Qin il y a 2000 ans pour se protéger des incursions des nomades mongoles. « Qui n’a jamais gravi la Grande Muraille n’est pas un homme véritable » lança Mao Zedong. Maintenant que je suis couillue, je reprends la route.

Xi’an se situe dans le Shaanxi, synonyme de la route de la soie. Cernée de remparts, on peut y découvrir la communauté musulmane, les Hui, et croiser ainsi des chinois coiffés d’une calotte blanche. C’est surtout la ville d’une des plus grande découverte archéologique, l’armée de terre cuite mise au jour en 1974. Des milliers de soldats, taille réelle, enfin taille chinoise, se dressent en lignes droites. L’Empereur Qin l’a fait construire pour se protéger des esprits malins qui pourraient hanter son tombeau. Pas con. On garde la fosse n°1, la plus spectaculaire, pour la fin.

Chengdu dans le Sichuan, est une petite escale pour observer ce qui reste des pandas (mammifère flémard croqueur de bambous) ainsi que le plus grand Bouddha au monde, LESHAN. La tranquillité appartient à ceux qui se lèvent tôt.

Liljiang au commencement du Yunnan. Les ruelles grimpantes de la vieille ville sont pittoresques et pour sûr nous ne retrouvons pas notre chemin. Cela dit nous comprenons que tout est disposé pour un tourisme de masse et qu’en Chine il faut ruser du taxi pour trouver l’authentique. Nous partons à la découverte de la communauté naxi, juchée dans les villages de Baisha, Yuhu et le monastère tibétain Puji en haut là-bas dans la forêt.

Yuanyang et ses rizières en terraces. Chouette, un village sans touristes! Émergeant du brouillard, Pugaolao de Duoyishu, prononcez comme vous pouvez, est perché sur la montagne. Les petits villages voisins se rejoignent par minivan aléatoires sur la route principale et nous permettent de découvrir les joies du marché local, des canards pendus et des cochons saignés. Outre les cris que l’on fait semblant d’ignorer, les costumes de broderies sont fascinants. Comme toujours nous tentons d’en ramener un exemplaire en occident que je me demande encore à quelle occasion le porter… La négociation chinoise est féroce, nous devons diviser par 2 ou 3 avec une relance de l’adversaire muni de sa calculette, nous devons faire mine de partir pour que notre prix soit adjugé. Au moment où je vous parle les buffles broutent dans les rizières, les enfants jouent aux billes et c’est le plus criard qui gagne. Les femmes font un travail de fourmis en transportant par 30 des briques rouges sur leur dos, maintenues par une simple corde.

Xingping est le bon filon déniché par discussion. Nous sommes à l’est dans le Guangxi traversé par la rivière Li et ses pains de sucres qui accrochent les nuages. La rivière se monte, se redescend et se traverse par des bamboo boat muni de 2 chaises en bois. Les balades en vélo y sont merveilleuses.

Hong Kong est une bulle d’air parmi l’empire, en partie à cause ou grâce aux anglais qui ont fait de cette île un L.A de plages de sable blanc et de belles voitures, un Tokyo de lumières et de luxe, un Rio de jungle.

 On a appris à négocier, à se faire enfler, à faire pipi debout, éviter les crachats, rouler sur des nids de poules au bord du précipice, compter les chinois, gruger la queue, commander non épicé.

Nous voilà fin prêts pour écarter les doigts de pieds non pas aux chinois mais sur les plages de Bali….


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