Né en 1927, Victor devient le Picasso du Pérou. Nous avons le plaisir de le rencontrer au hasard d’une promenade dans sa gigantesque maison adossée à la colline qui surplombe le pacifique.

Victor est en train de peindre avec l’huile encore fraîche de la veille qui m’avait mis sur sa piste. Il se lève, un peu embarrassé, puis nous faisons connaissance et très vite il veut nous montrer ses livres et nous raconte comment il vivait au Chelsea Hotel en payant sa chambre à coup d’oeuvre d’art. Il nous raconte également les années de guérilla civile où cette balle fuse sur sa tête, où les insurgés combattent le communisme qui fit naître le terrorisme et les grillages au Pérou; Victor Delfin reproduit ces scènes de violences avec des compatriotes portant la croix. D’une grande ironie, il dénonce la corruption et l’autoritarisme pendant le régime d’Alberto Fujimori (les années 90).
Autre thème récurrent il peint et repeint le même visage qui serait sa femme, oui mais quelle femme ? Après 9 enfants et 6 mariages, c’est finalement sa tête que l’on devine au travers de ces portraits. Delfin est connu pour ses sculptures massives, lisses et puissantes. Sa maison est jonchée de taureau en bronze, chevaux, cerf, âne, oiseau et surtout El Beso, sa sculpture fétiche exposée également au coeur du quartier Miraflores de Lima où les bados viennent se faire prendre en photo pour la St Valentin.

L’artiste de 84 ans a encore une production prolifique; nous le laissons à son art avec un petit bout de son oeuvre avec nous…