À la frontière des régions Piauì et Maranhao …

Le long du delta de Parnaìba, les racines sont les gardiennes de ce chapelet de 80 îles. Des racines stalagmites et des branchages stalactites enchevêtrés incitent tout étranger à rebrousser chemin. Maica nous ouvre les portes d’une mangrove monopolisante et luxuriante. Au travers se dessine un plateau miné par les bourgeons. Les Fourmilières se dressent sur des perchoirs et font la taille d’une baignoire. Maica est si à l’aise que nous le suivons les yeux fermés, les pieds dans une eau jaunâtre dont la boue m’aspire. Il plonge la main dans la terre et en ressort un crabe multicolore ! Il nous invite à faire de même, je décline gentiment l’invitation et passe mon tour à Matthieu, qui, plus courageux, s’y colle et s’y pique ! Au final une bonne prise en main sous les aisselles évite les pincements. En reprenant la route des fleuves nous découvrons au loin une barrière de sable… la rencontre des eaux font côtoyer dunes et jungle atlantique, le spectacle d’une biodiversité des plus exceptionnelles. D’un oeil attentif nous guettons les martins-pêcheurs, les iguanes dissimulés sur les branchages, les poissons mouche et poissons chat, les aigrettes discutant en bande sur les bancs de sable…

Les pieds dans les fourmis rouges (qui ont un effet proche de celui des orties) et une popote sans sauce plus tard, nous voilà repartis.
De Tutoïa à Caburé, 2 heures de piste dans la benne d’un vieux Toyota indestructible. Nous quittons la caatinga, une végétation arbustives proche du maquis, pour un désert de sable qui fait de cette côte la plus grande plage que je n’ai jamais vue. Quelques oiseaux de proie réunis autour d’un dauphin échoué, des squelettes de bois flotté et de belles vaches rousses à cornes.

Nous posons bagage dans ce qui ressemble à un village abandonné de quelques âmes, électrifié de 18 à 22h.Dans quelques jours nous irons escalader les dunes de sable blanc ponctuées de bassins limpides que sont les Lençois Maranhenses…