Lundi matin, nous ne pouvions quitter Rio sans aller au coeur de la fourmilière…

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Lundi matin, nous ne pouvions quitter Rio sans aller au coeur de la fourmilière. Impressionnante de par ses légendes, puis par la densité qui se révèle au coin d’un premier virage, la favela de Rocinha nous apparaît comme une crèche à ciel ouvert. Toute une vie s’anime autour de petites échoppes de fortune, d’éleveurs de poules en cage, de réparateurs de vieux tubes cathodiques, de bassines bleues approvisionnant l’eau par les toits, des arbres de fils électriques, des ruelles enchevêtrées…
Au final les lieux méritent vraiment le détour, et ne sont pas aussi hostiles que dans les reportages de Bernard de la Villardière !

Les favelas (du nom de la plante que l’on trouve sur ses collines), anciennement des quilombos (petits quartiers communautaires), naissaient du rassemblement des noirs sortis de l’esclavagisme, des soldats de la guerre du canudos et des paysans victimes de la sècheresse du Nordeste. On dénombre aujourd’hui  970 favelas,  contenant 20 % de la population soit à peu près 2 millions de cariocas. Toute bâtisse non achevée n’étant pas soumise à l’impôt, vous comprendrez aisément le style architectural involontairement abstrait. Le recensement de Rocinha varie de 100 000 personnes selon les autorités à 250 000 selon les habitants. Comme l’attribution des subventions dépend de ce nombre, il est bon de ne pas recompter ! Le revenu moyen est inférieur à 23 euros par mois. Le trafic de drogue rapporte quant à lui près d’ 1 000 000 $ sur la même période. En préparation de la coupe du monde de football de 2014 et les JO de 2016, les favelas du centre sont désormais pacifiées, à grand renfort de moyens militaires.